Le Stade de Genève a fait le plein d'émotions. Au terme d'un match complètement fou, le club de Tourbillon a obtenu une victoire de prestige. En multipliant les parades, Vailati a été héroïque. Sion privé de deux penalties. Le retour s'annonce chaud, chaud, chaud...
Avant de plonger dans le chaudron du stade Ali Sami Yen, le FC Sion se retrouve ce matin en fragile ballottage favorable. Comment interpréter le score de cette première manche genevoise? D'abord que Sion est déjà parvenu à effacer l'échec de 1997, lorsqu'il avait été humilié à domicile (défaite 4-1 contre ce même Galatasaray).
Les Valaisans ont certes gagné, réussissant à effacer sur la pelouse la différence de 135 millions de francs existant entre les deux clubs; mais ils ont aussi encaissé, revers de la médaille, deux buts qui pourraient s'avérer lourds de conséquence au décompte final. Sion pourra d'autant plus nourrir de regrets qu'il menait 3-0 avant de s'exposer au retour turc non sans avoir été privé de deux penalties évidents: le premier sur Geiger, quand celui-ci s'est retrouvé plaqué dans la surface (63e), le second suite à une main de Song non sanctionnée (73e). A l'inverse, les joueurs de Bigon pourront remercier leur gardien, préservant une victoire qui n'aura tenu qu'à une parade. En multipliant les arrêts décisifs, dont l'un, époustouflant effectué devant Sukur (86e), Vailati a évité le pire, alors même que Galatasaray exprimait toute sa puissance offensive...
Au-delà de cette victoire historique, le football restera toujours extraordinaire. Alors que d'aucuns se demandaient combien Sion encaisserait de but et à quelle sauce il serait dévoré, c'est Galatasaray qui allait commencer par sombrer. 1-0 en entrée, 2-0 comme dans un rêve, 3-0 en moins de temps qu'il n'en faut pour l'écrire, Sion s'est retrouvé hier soir en état de grâce.
Le réveil turc
Se payant toutes les audaces, le visiteur de Tourbillon allait parfaitement manoeuvrer, bousculant un adversaire ne sachant plus comment il s'appelait. 3-0 après une demi-heure: même dans leurs rêves les plus fous, les Valaisans n'auraient pas réussi à imaginer pareil scénario du bonheur. Le secret? Un Chedli étincelant, un Dominguez décisif, un Obradovic magnifique, un Alioui survolté et un... Galatasaray inexistant.
De 3-0 à 3-2 une mi-temps plus tard, le réveil turc avait sonné entre-temps. Presque logiquement. Quand bien même Dominguez, dans les arrêts de jeu, faillit inscrire le 4-2. «Le terrain a livré le résultat, devait lâcher Alberto Bigon. A 3-0, on a essayé de resserrer notre garde mais il était inévitable que les qualités techniques de Galatasaray allaient finir par s'exprimer. On peut être fier de cette victoire. Sion a prouvé qu'il possédait le niveau des grandes équipes européennes.» Dix ans après le 1-4 de Tourbillon, Il Mister pouvait avoir le sourire. Avant d'envisager le match retour avec un relatif optimisme: «Il n'y a aucun résultat qui permette de voyager à Istanbul avec sérénité. Il n'empêche qu'avec un match nul, on peut se qualifier...» Là-bas aussi, Sion a les moyens d'éviter l'enfer que lui promet déjà Galatasaray.